Pendant trois ans, je me suis levé jusqu’à quatre fois par nuit pour uriner. Puis, une nuit, plus rien ne sortait.
Le récit d'un homme de 63 ans : l'alerte qui l'a poussé à prendre sa prostate au sérieux, avec son médecin, et les habitudes qu'il a changées depuis.
Je veux vous raconter la pire nuit de ma vie.
Pas pour vous faire peur. Pour que vous reconnaissiez les signes plus tôt que moi.
Si vous avez plus de 55 ans et que vous vous levez plusieurs fois par nuit, que le jet est faible ou que vous avez toujours l'impression de ne pas avoir vidé complètement votre vessie, cette histoire est pour vous.
Tout a commencé comme chez beaucoup d'hommes.
J'avais 59 ans. Au restaurant, debout devant l'urinoir, j'avais une envie pressante… et presque rien ne sortait. Un filet qui s'arrêtait, repartait, s'arrêtait encore.
Un homme est entré à côté de moi, a terminé, s'est lavé les mains et est reparti. J'étais toujours là.
Depuis des mois, les signes s'accumulaient :
- Me lever trois ou quatre fois par nuit.
- Un jet qui s'interrompt sans arrêt.
- Des envies si pressantes que j'avais à peine le temps de trouver des toilettes.
- Cette sensation de ne jamais avoir fini, même en attendant une minute de plus.
Je me disais que c'était l'âge. Jusqu'au jour où mon médecin traitant m'a adressé à un urologue.
Le diagnostic est tombé : hypertrophie bénigne de la prostate. Ma prostate avait augmenté de volume, ce qui est très fréquent après 50 ans.
Des traitements, des ajustements… et une vie qui rétrécissait.
Pendant trois ans, j'ai suivi plusieurs traitements. Certains me convenaient mieux que d'autres, et il a fallu du temps pour trouver le bon équilibre avec mon urologue.
Mais le plus dur n'était pas là. Le plus dur, c'était ma vie qui rétrécissait sans que je m'en rende compte.
Avant chaque sortie, je repérais les toilettes. Un dîner chez des amis devenait un calcul : combien de temps de route ? Où serai-je assis ? Les visites à mes petits-enfants s'espaçaient.
Et surtout, je n'en parlais à personne. Ni à ma femme, ni à mon médecin. Je minimisais à chaque rendez-vous.
La nuit où tout a basculé.
Un mardi de mai, vers 2 h 30 du matin, je me suis levé comme d'habitude. Et j'ai attendu.
Rien. Cinq minutes. Dix minutes. Puis la douleur est arrivée : une pression énorme dans le bas-ventre.
J'ai appelé ma femme, Françoise. Vingt minutes plus tard, nous étions aux urgences.
Le médecin a parlé de rétention aiguë d'urine. Ma vessie ne pouvait plus se vider seule. On m'a posé une sonde, et le soulagement a été immédiat.
Si cela vous arrive un jour : ce n'est pas le moment d'attendre. C'est une urgence. Appelez le 15 (ou le 112) ou rendez-vous aux urgences.
Ce que mon urologue m'a expliqué ensuite.
Une semaine plus tard, j'étais face à mon urologue. En colère, je l'avoue.
Il m'a expliqué calmement que l'hypertrophie de la prostate évolue souvent avec le temps, que les traitements aident à gérer les symptômes, et que le suivi régulier est essentiel, justement pour adapter la prise en charge et éviter ce genre de nuit.
Il m'a aussi dit quelque chose que je n'avais jamais vraiment écouté : « Vous devez me dire comment vous allez vraiment. Et votre hygiène de vie compte aussi. »
Ce jour-là, j'ai décidé de ne plus subir. De reprendre les choses en main, avec lui.